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Test du mini drone DJI Tello par Ryze Tech

Le Tello, c’est le dernier-né et le plus petit de la gamme des drones DJI, développé en partenariat avec Ryze Tech. DJI, une marque de drone que vous connaissez tous, à moins de vivre sur une île déserte ! Par contre, Ryze Tech, ça risque de beaucoup moins vous parler. C’est aussi une société chinoise, qui fabrique des drones ludiques et accessibles à tous, en partenariat avec DJI mais aussi Intel.

Vendu au prix de 109,00 € chez Amazon, il est le moins cher de la gamme DJI. Mais qu’a-t-il à nous offrir de plus ? Essentiellement un usage ludique bien pensé qui risque de faire du mal à la concurrence sur ce secteur.

DJI Tello
  • Contrôle
  • Solidité
  • Temps de vol
  • Camera
  • Design
  • Prix
4.1

Le drone ultra-portable

Le Tello est un excellent modèle pour les débutants souhaitant s’initier au pilotage de drone, au pilotage FPV racer (dans une certaine mesure tout de même !) ou pour les enfants qui ont fait le tour des drones jouets et veulent quelque chose de plus pointu, sans se ruiner pour autant.

Design

Le Tello est donc un drone RTF (Ready To Fly) ultra compact, puisqu’il tient dans la main. Equipé d’une caméra en 720p, il dispose aussi d’autres technologies comme un système de stabilisation de vol (pas de GPS ici, juste du Vision Postionning System ou VPS), un système de détection d’obstacles et d’assistance à la prise de vue. Mais ne vous y trompez pas, on ne joue pas dans la même cour que les Spark ou Mavic : avec des dimensions réduites (9,8 cm x 9,25 cm x 4,4 cm) et un poids plume de 90 grammes, on est bien dans la catégorie du drone ludique et plutôt orienté vol en intérieur qu’en extérieur, ou alors sans vent !

Au premier regard, il ressemble au DJI Spark notamment en raison de ses couleurs et de sa forme, mais avec un gabarit deux fois moins important. La couleur dominante est noir mat. On retrouve cette couleur sur le ventre du drone, au niveau des bras et des hélices. Le nom du drone est imprimé sur la coque en alu et cette coque est personnalisable en blanc, jaune ou bleu pour le moment.

L’avant du drone est occupé par la caméra qui est incrustée dans le module. À côté, une petite LED s’allume en vert lorsque le drone est sous tension. La batterie est logée dans une trappe sur le ventre du drone. Deux boutons sur les côtés permettent de la retirer et aussi de la verrouiller. Sur le ventre du drone on trouve le capteur à infrarouge et le capteur optique du VPS.

Vu sa petite taille, pour plus de solidité, les bras ne sont pas pliables et on peut lui rajouter des protections d’hélices qui sont livrées avec ainsi qu’un jeu d’hélices de rechange et un outil pour retirer les hélices.

Le Tello, donné pour une portée maximale de 100 m, se pilote depuis votre smartphone ou avec une radiocommande à acheter en plus pour 89 €, et il est compatible avec des casques VR ! Ce qui permet de gentiment toucher du doigt le pilotage style racer.

Alors certes, il fait des « figures » comme les drones jouets de la concurrence, ce qui montre bien son positionnement ludique, mais pour autant, il propose des fonctionnalités le gratifiant d’un placement haut de gamme comme des modes de vol et des modes de prise de vue dignes de ses grands frères.

Caractéristiques techniques

Sur le Tello, on trouve donc une caméra stabilisée, numériquement, sur 2 axes de 720p. Les vidéos sont stockées en mp4 (H.264), en 16:9 dans une définition de 1280 x 720 pixels à 30 images par seconde, avec un débit moyen de 5 Mbps.
Les moteurs sont des modèles brushed 8520, avec des hélices bipales de 7,5 cm. Le montage de l’appareil est propre : il n’y a aucun fil apparent, tous sont emprisonnés dans les bras moteurs. Pas de composants visibles non plus, le Tello est caréné. La stabilisation est correcte en intérieur, moins efficace en extérieur, surtout s’il y a un peu de vent.

La batterie, une LiHV 3,8V de 1100 mAh, est emprisonnée dans un boitier propriétaire à 4 broches. Pour la charger, il suffit de la placer dans le Tello et de connecter un câble microUSB sur une source qui délivre 2A (comme pour un smartphone). Et être trèèèèès patient, car pour obtenir une pleine charge, il faut… 1 heure et 20 minutes ! Pour 13 minutes d’autonomie, c’est particulièrement long !… Il faut aussi télécharger le logiciel Tello sur les stores d’Apple ou de Google, pour iOS ou Android et le Tello génère son propre réseau Wi-Fi auquel se connecter, sans mot de passe.

De plus une fonction VR est présente dans les réglages, elle sépare l’écran en deux pour utiliser le smartphone avec un masque VR. L’intention est louable, mais la latence est élevée : elle varie entre 120 et 280 millisecondes en mode « Slow », et entre 80 et 210 millisecondes en mode « Fast ».

Évidemment, pour ce prix, pas de GPS mais seulement un VPS qui fait presque bien son boulot. En effet, il dérive faiblement… mais cela dépend beaucoup de la surface au-dessus de laquelle il évolue. Si elle comporte de nombreux détails, il tient bien en place. Si elle est unie, sans détails, il a tendance à dériver sans corriger sa position. Idem si la luminosité est faible, mais dans ce cas il vous en informe. S’il y a du vent ou un courant d’air, il compense plutôt correctement. La gestion de la hauteur est globalement satisfaisante, mais il monte ou descend parfois sans crier gare !
L’autonomie donnée par DJI est de 13 minutes, mais j’ai pu constater qu’on était plus proche des 11 minutes, voire parfois moins : même quand l’indicateur LED est au bleu fixe, il semble que la charge ne soit pas toujours complète.

Le Tello est également fourni avec Scratch, un logiciel de programmation simplifié. Conçu pour être utilisé par des enfants, ce logiciel permettra à tous de programmer facilement les premiers plans de vol. Et si cela vous plait, le Tello devrait être également compatible avec des logiciels de programmation plus complexes.

Prise en main et premier vol

Allez, on passe à la partie la plus importante : le pilotage !
Alors, je vais être honnête, je déteste piloter au smartphone, mais à 89 € la radiocommande, quasiment le prix du drone, on se dit que le smartphone c’est bien aussi finalement ! Et c’est le cas ! En effet, il s’agit sans aucun doute de ma plus agréable expérience de pilotage au smartphone à ce jour, tous modèles confondus.

Les commandes du Tello sont classiques pour un appareil piloté avec un smartphone : l’interface affiche deux joysticks virtuels. Il est possible, dans les réglages, de préciser si on préfère les gaz à gauche (mode 2) ou à droite (mode 1). La réponse aux commandes est plutôt satisfaisante, le contrôleur de vol s’occupe non seulement de la stabilisation et du positionnement, mais à l’évidence il calcule les trajectoires pour que les ordres à l’écran se traduisent de manière plus douce et coulée en vol. De toute façon, avec une vitesse de pointe de 8m/s, ne cherchez pas à faire la course avec un racer !

À noter un bug dans l’application : les icônes de joysticks disparaissent parfois de l’écran. Pour les retrouver (et reprendre le contrôle de l’appareil), il faut aller dans les réglages pour demander la vue VR, et en ressortir. Bizarre…

 

Pour le décollage, on peut soit utiliser la « méthode DJI », qui consiste à faire « loucher » les joysticks (virtuels). Dans ce cas, les moteurs sont armés, mais la machine ne décolle pas toute seule, c’est à vous de pousser le gaz. Soit utiliser le décollage automatique et, dans ce cas, deux possibilités : normalement depuis le sol ou depuis la main grâce au mode « Throw & Go ». À l’atterrissage, les moteurs se coupent automatiquement. C’est également le cas si le Tello se crashe : il s’en aperçoit rapidement et coupe les moteurs. Dès qu’il est reposé d’aplomb, il est prêt à redécoller sans qu’il soit nécessaire d’attendre ou de le réinitialiser. Pratique !

 

Et on retrouve les fonctions automatisées appelées EZ Shots sur le site de Ryze Technology et dans la fiche technique. Mais dans l’application (iOS), c’est un module appelé… « Fight ». Le « L » a été, comme dans le film, lost in translation !

 

Parmi ces fonctions, on trouve :

  • le décollage, lancé depuis la main, appelé « Throw & Go» : les moteurs sont lancés doucement, et le Tello détecte quand on le lance. Il pousse les moteurs, se met d’aplomb et entame son vol stationnaire.
  • « Flips» affiche un rectangle à l’écran. Faire glisser le doigt initie des flips automatisés dans 8 directions différentes.
  • « Up &Out » enregistre une vidéo pendant une manœuvre automatique qui part vers le haut et en arrière. Pour faire simple, c’est un selfie.
  • « 360» fait tourner le Tello sur lui-même.
  • « Circle» fait voler le Tello en cercle, et en pointant vers l’intérieur du cercle.
  • Enfin « Bounce Mode» lance le Tello dans un vol en yoyo… Pas trop compris l’intérêt, à part vouloir vomir en regardant les vidéos !

Les flips automatisés perdent vite leur intérêt puisqu’ils ne constituent pas un challenge de pilotage. Le selfie est opérationnel, mais beaucoup trop court, il recule de quelques mètres à peine ; c’est trop peu pour profiter d’une belle séquence. Les rotations à 360° et en cercle sont plus intéressantes, mais très lentes. Dommage qu’il ne soit pas possible de contrôler la vitesse d’exécution…

Notez que les réglages offrent une fonction « Slow », activée par défaut, et une fonction « Fast ». Cette dernière rend le Tello plus nerveux, plus rapide pour s’essayer au mode racer avec un casque VR.

Mais ce réglage a un autre impact : en « Slow », la vidéo est stabilisée. En « Fast », elle ne l’est plus. La vidéo plonge vers le bas quand on avance, elle monte quand on recule, elle s’incline quand on fait une glissade (Roll) de côté. L’angle de vision est également augmenté. La raison est toute simple : pour stabiliser la vidéo, le logiciel du Tello effectue un recadrage en s’appuyant sur les données des capteurs. Sans stabilisation, il n’y a plus de recadrage.

Photos et vidéos

Les photos sont plutôt réussies, en Jpeg dans une définition de 2592 x 1936 pixels, soit 5 mégapixels. La compression est faible et les couleurs fidèles à la réalité, l’appareil s’en sort donc avec les honneurs : il produit des clichés de qualité bien supérieure à celle de concurrents de taille semblable. Il n’y a qu’un seul réglage pour les photos : « Normal » ou « High ».
La chose surprenante avec DJI, est qu’étant le spécialiste dans le domaine du stockage, ici point de carte SD dans le drone, tout est stocké directement sur le téléphone ! Et cette méthode, si elle n’est pas gênante pour les photos, l’est beaucoup plus pour les vidéos, car c’est le flux à distance qui est mémorisé et on note de nombreuses interruptions du retour vidéo (donc de la vidéo) ainsi que des lags (interruption d’image). Même si elles sont peu nombreuses, il y en a quand même beaucoup trop pour que les images soient vraiment exploitables.
En effet, les vidéos semblent accélérées chaque fois que des images manquent, un effet très désagréable. Ajoutez à cela un fort grain pour les vidéos tournées dans des conditions d’éclairage médiocre. Au final, les vidéos du Tello sont très décevantes… Quel dommage qu’elles n’aient pas été stockées à bord de l’appareil, cela aurait évité les lags et probablement réduit la compression…

Le retour vidéo s’affiche en fond d’écran sur le smartphone. La qualité de l’image est correcte. Une fois le Tello en vol, on s’aperçoit que l’image est stabilisée sur deux axes. Pas aussi bien qu’avec une nacelle motorisée, bien sûr, mais le résultat est convaincant sur le pitch et le roll. En extérieur, la stabilisation est tout de même à la peine, elle ne réussit pas à corriger les oscillations dues au vent. En fait, plus le smartphone est puissant, meilleur est le retour vidéo ainsi que la portée ! Avec un « One Plus 5 », on a pu l’envoyer sans problème à environ 80 m alors qu’avec un « Iphone 5S », la portée vidéo ne dépasse pas 20 m…

Conclusion

Alors soyons clair, si vous comptez faire de belles vidéos, passez votre chemin, même si en photo il se débrouille plutôt bien. En clair, le Tello est un excellent modèle pour les débutants souhaitant s’initier au pilotage de drone, au pilotage FPV racer (dans une certaine mesure tout de même !) ou pour les enfants qui ont fait le tour des drones jouets et veulent quelque chose de plus pointu, sans se ruiner pour autant. Pour une centaine d’euros, vous obtiendrez en effet un drone à la fois simple à utiliser, de bonne facture, avec une bonne autonomie et beaucoup plus complet en termes de fonctionnalités que la concurrence tout en restant assez fun à piloter !

Si vous cherchez un drone plus performant, je vous renvoie vers mes tests du DJI Spark (particulier) ou du DJI Mavic Pro (semi-pro).

Ici la vidéo de DJI qui est assez explicite à ce sujet !

DJI Tello
  • Contrôle
  • Solidité
  • Temps de vol
  • Camera
  • Design
  • Prix
4.1

Le drone ultra-portable

Le Tello est un excellent modèle pour les débutants souhaitant s’initier au pilotage de drone, au pilotage FPV racer (dans une certaine mesure tout de même !) ou pour les enfants qui ont fait le tour des drones jouets et veulent quelque chose de plus pointu, sans se ruiner pour autant.

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Thomas - September 26, 2018

Bonjour, merci pour cet article très bien détaillé.
Je viens d’acquérir le Tello et j’en suis ravi. Cependant j’ai remarqué comme vous l’aviez stipulé que la porté reste à désiré. Je viens donc de commander le répétiteur Xiaomi MI 300Mbps Répéteur wifi, via Amazon.
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Pouvez vous m’expliquer comment dois je m’en servir pour amplifier la portée du drone. Me faut-il une batterie externe pour pouvoir branché le répétiteur ?
De plus comment régler ce répétiteur.
Merci par avance pour votre retour.
Thomas.

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