Test du Yuneec Q500 4K Typhoon

Yuneec, aujourd’hui la principale concurrente de DJI, est une firme chinoise spécialisée au départ dans l’aéromodélisme qui a ensuite évolué dans le domaine des aéronefs à propulsion électrique pour des vols habités (en gros des ULM électriques). Le Q500 Typhoon est donc un retour aux sources. Aujourd’hui proposé à 599,00 € chez Amazon, sous forme de pack avec la valise de transport, peut-il concurrencer le géant DJI ?

Les infos en bref :

  • Caméra CG03 : 4K UHD 12 Mp en 30 FPS
  • Autonomie : 25 minutes
  • Vitesse max : 64 km/h
  • GPS
  • Portée : 1000 m
  • Poids avec batterie : 1700 grammes
Typhoon Q500 4K
  • Contrôle
  • Solidité
  • Temps de vol
  • Camera
  • Design
  • Prix
4.6

Un bon drone haut de gamme mais il y aurais mieux ailleurs...

Malgré toutes ses fonctionnalités, même s’il reste un bon compromis à prix abordable, il est plutôt destiné aux amateurs qu’aux professionnels et honnêtement, vu les prix sur le marché de l’occasion, on pourra lui préférer un Phantom 3 Advanced ou Pro qui offriront de meilleures qualités d’images et de vidéo, mais sans la radiocommande avec écran intégré !

Le test

Présentation

En 2015, la société Yuneec s’associe avec Intel pour attaquer le marché du drone et son premier produit est le Typhoon Q500. Leur positionnement est clair : venir marcher sur les plates-bandes de DJI et de sa gamme Phantom mais pour un prix nettement inférieur ! Durée de vol de 25 min, caméra 4k UHD, radiocommande avec écran tactile intégré, on peut dire qu’on est sur du haut de gamme pour un prix plus que raisonnable. Alors cela cache-t-il des défauts ? C’est ce que nous allons voir.

Design

Le Q500 est un engin imposant de par ses dimensions, livré entièrement monté, presque prêt à voler. Même son train d’atterrissage et sa caméra sont déjà en place. S’il pèse 1057 grammes sans batterie, sans caméra et sans hélices, comptez 184 grammes pour la caméra, 401 grammes pour la batterie, et 22,6 grammes par hélice. Soit un total en ordre de vol de 1732 grammes, une belle bête !

La structure est en plastique, elle « fait » d’ailleurs très plastique. Mais en la manipulant, on s’aperçoit qu’elle est très solide et ne plie pas. Elle se présente sous la forme d’un H, et non pas d’un X comme sur la plupart des multirotors de prise de vues du moment. Cette structure est supposée être plus résistante en cas de crash… Honnêtement, je n’ai pas tenté l’expérience avec cet appareil en prêt ! Et, à vrai dire, je ne l’aurais pas non plus tentée avec une machine achetée par mes soins… Mais l’impression est plutôt bonne, même si l’« agressivité » concerne avant tout son look car, si sa vitesse de pointe est annoncée pour 64 km/h, je n’ai jamais vu plus de 55 s’afficher sur la radiocommande.On retrouve des hélices autobloquantes avec indications pour ne pas se tromper de sens lors du montage. Et sur ce drone, on peut facilement enlever et remettre la caméra, grâce à une manipulation simple par clips, ce qu’on ne trouve pas sur les Phantom.

La trappe pour la batterie, une Lipo 3S 11,1V de 6300 mAh, se trouve à l’arrière de l’appareil. Une fois encore, Yuneec a facilité l’usage puisqu’il suffit d’une pression sur la trappe pour qu’elle s’ouvre. Il faut compter 2h10 pour la recharger avec un chargeur muni d’un fusible, en voilà une idée qu’elle est bonne ! ^^

La radiocommande ST10 (c’est son nom) est, elle aussi, imposante, avec des dimensions de 25 cm de longueur, 19 cm de largeur et 7 cm d’épaisseur (à son max). En revanche, elle se révèle assez légère une fois en main. La balance indique 797 grammes. Elle est dotée d’une poignée large qui permet de la saisir sans toucher aux boutons ni aux joysticks. La partie haute est assez classique, avec deux joysticks à retour au neutre et tous les boutons nécessaires au bon fonctionnement. Sur la partie basse, on trouve un écran tactile avec des symboles affichés juste en-dessous. Les utilisateurs de téléphones mobiles reconnaitront au premier regard les icones du système d’exploitation Android. À l’arrière se trouve une trappe contenant une batterie Lipo 1S 3,6V 5200 mAh, avec un connecteur de type JST rouge. Vous n’aurez jamais besoin d’ouvrir cette trappe à moins de vouloir changer la batterie : la recharge est effectuée via un câble miniUSB (fourni). Attention, il faut compter près de 6 heures !

Caractéristiques techniques

Le constructeur chinois a apporté de nombreuses améliorations au Typhoon depuis la sortie de la première série des Q500. Cette dernière version embarque le modèle CG03, une caméra de 193 grammes qui dispose d’un mécanisme de stabilisation bruhless sur trois axes.

Trois réglages sont proposés pour les vidéos : ils sont tous Full HD, c’est-à-dire avec une résolution de 1920 x 1080 pixels. Mais le premier enregistre en 60 images par seconde, le deuxième en 50 images par seconde, le troisième en 48 images par seconde. Pour les choisir, il suffit d’appuyer sur l’icône 60F, 50F ou 48F à l’écran. Notez qu’une double tape à l’écran retire les données de télémétrie et affiche le retour en plein écran. Un dernier détail : puisque la caméra émet en Wifi 5,8 GHz, les mobiles et tablettes récents sont capables de voir le point d’accès qu’elle met en place et de s’y connecter. Il est donc possible d’avoir le retour vidéo (mais pas les données de télémétrie) simultanément sur la radiocommande et sur un appareil mobile. Le revers de la médaille, c’est que le flux vidéo est ralenti par cette double connexion. L’image s’affiche en arrière-plan, en temps réel.

À très courte distance, le taux de rafraichissement est correct, probablement aux alentours de 20 images par seconde. Parfois le retour reste ainsi jusqu’à une distance de 50 mètres environ. Mais la plupart du temps, dès que l’appareil s’éloigne de plus de 10 mètres, ce taux diminue sensiblement. La distance (sans obstacles) au bout de laquelle la vidéo est perdue varie entre 40 et 250 mètres. Notez qu’il ne s’agit que du retour pour le cadrage ; l’enregistrement de la vidéo, lui, n’est pas perturbé puisqu’il s’effectue directement sur la caméra, avec l’aide d’une carte mémoire MicroSD. Quand le retour vidéo flanche, la télémétrie reste opérationnelle, tout comme le contrôle du tilt de la caméra.

Les photos sont dans une résolution unique de 4608 x 2592 pixels (11 mégapixels). La prise de vues s’effectue en appuyant sur le bout de gauche de la radiocommande. Il faut attendre quelques secondes avant de prendre un autre cliché. Notez qu’aucun réglage n’est proposé sur la radiocommande. Un regret : les photos souffrent d’un effet de fringing assez prononcé sur les bords : on voit apparaitre des lignes bleues parasites. Les images peuvent satisfaire des amateurs de photos et de vidéos aériennes, mais les professionnels ne s’en accommoderont pas. D’autant que les réglages de luminosité, contraste, ISO, couleur, etc. brillent… par leur absence.

Photos comme vidéos sont plutôt réussies, avec pas mal de piqué, moins toutefois qu’avec une caméra Gopro 3 ou 4. Les couleurs sont correctes, mais l’image tire souvent vers le mauve, et les verts sont un peu trop prononcés. Avec un ciel chargé et des contre-jours, cette caméra capture les couleurs d’une manière assez similaire à ce que fait une Gopro. L’image est nette, mais la compression semble un peu forte. Comme sur une Gopro, l’image souffre d’un effet fisheye : l’horizon est courbe dès qu’on prend un peu de hauteur ou qu’on incline la caméra vers le bas. À la différence de la Gopro, Yuneec ne fournit pas d’outil logiciel pour corriger cet effet fisheye. Attention, le débit des vidéos est de 30 Mbps. C’est assez élevé et cela signifie que vous ne pouvez stocker que 35 minutes de vidéo sur une carte mémoire de 8 Go… Et le son ? Il y a bien une piste audio dans les vidéos, stéréo qui plus est… mais elle est désespérément vide. La Q500 est donc aphone, comme ses concurrents d’ailleurs !

La stabilisation de l’image est excellente : en stationnaire, même avec du vent, alors que le Q500 est chahuté, l’image ne bouge pas d’un poil. Les meilleures vidéos sont celles tournées en 60 images par seconde : les mouvements rapides vers l’avant ou l’arrière et les translations produisent de belles images sans saccade. Les lacets sont pris en charge par la nacelle stabilisée 3 axes de manière très efficace. Bon point : on ne voit jamais le train d’atterrissage à l’image, mais parfois les hélices, en cas d’accélération un peu forte.

Les informations affichées à l’écran de la radiocommande sont nombreuses, mais plutôt bien disposées. Sur la gauche, une case GPS permet de voir d’un coup d’œil si la réception des satellites par le Q500 est ok. Dans ce cas, il indique « Ready » en vert, sinon « Disabled » en rouge. Juste en-dessous est indiqué le nombre de satellites « vus » par le Q500. En haut à droite de l’écran est affiché le nombre de satellites accrochés par le GPS de la radiocommande (car oui ! il y a un GPS dans la radiocommande !), ainsi que l’état de la batterie de la radiocommande. Sur la droite, on trouve la tension de la batterie du Q500, la hauteur par rapport à celle de la radiocommande (même s’il est écrit ALT pour altitude), la vitesse et la distance. En complément, une flèche verte en surimpression de l’image indique le cap vers la radiocommande.

On notera que Yuneec propose un logiciel pour PC et MAC qui permet d’accéder à des réglages supplémentaires pour contrôler les valeurs des capteurs, de l’accéléromètre, du gyroscope et de la boussole électronique, la température, et procéder à leur calibrage. Il permet aussi de tester chaque moteur : utile après un crash par exemple.

Vol et prise en main

Allumage de la radio puis du drone et c’est parti ! L’appareil répond aux commandes au quart de tour. Mais les mouvements sont plutôt lents. C’est très rassurant pour le premier vol et pour les pilotes débutants. L’atterrissage est facile, le train se révèle très stable même si le sol est meuble. Notez que les hélices produisent un assez fort effet de sol. Le résultat, c’est que Q500 ne se pose pas directement, il freine à l’approche du sol comme s’il était sur un coussin d’air, puis descend. L’effet n’est pas désagréable puisque le contact avec le sol est doux. Avec des stationnaires (dans le vent) et quelques évolutions rapides, en filmant en continu, nous avons réussi à voler pendant 18 minutes, après quoi la radiocommande a vibré puis indiqué qu’il était temps de se poser. Plutôt satisfaisant, comme autonomie.

Il dispose de plusieurs modes de vol :

  • Smart: ce mode pour débutant permet de sécuriser les vols en créant une barrière virtuelle qui empêche le drone soit de s’approcher trop près du pilote, soit de s’éloigner au-delà de 91 mètres (oui c’est précis !)
  • Follow Me : comme son nom l’indique, ce mode permet au drone de suivre son pilote grâce au GPS embarqué dans la radiocommande.
  • Watch Me : ce mode permet de pointer la caméra automatiquement en direction de la radiocommande et de prendre ainsi des « dronies » et/ou de cadrer la vidéo sur soi.
  • Angle : oubliez le cercle dans lequel est cantonné le Q500, ce mode permet d’évoluer sans restrictions ni excès d’aide au pilotage. Cependant, si vous relâchez les commandes, l’appareil conservera sa hauteur et sa position grâce au GPS.
  • Home : il s’agit de la fonction de retour automatique. RTH, pour « Return To Home », que l’on traduit souvent par retour au point de décollage. Sauf que là, ce n’est pas exactement la même chose : il revient tout seul se poser à proximité de vous (de votre radiocommande pour être plus précis), que vous ayez décollé en mode « Smart » ou « Angle ». « À proximité », selon la documentation, c’est entre 4 et 8 mètres devant vous.

Mais, dans tous ces modes, le Q500 est lent, très lent…. En mode Smart, qui donne accès au Follow Me et au Watch Me, votre vitesse ne dépassera pas 20 km/h…

On doit cependant reconnaitre que sa prise en main est très facile, même pour le débutants (il sera d’ailleurs très rassurant pour ceux-ci), et il propose une très bonne stabilité en vol et vous permettra de réaliser de très belles prises de vues.

Conclusion

En résumé, le Q500 4K Typhoon, est facile à piloter, facile à régler ; la caméra propose des images et des vidéos de bonne qualité. Malgré toutes ses fonctionnalités, même s’il reste un bon compromis à prix abordable, il est plutôt destiné aux amateurs qu’aux professionnels et honnêtement, vu les prix sur le marché de l’occasion, on pourra lui préférer un Phantom 3 Advanced ou Pro qui offriront de meilleures qualités d’images et de vidéo, mais sans la radiocommande avec écran intégré !

Typhoon Q500 4K
  • Contrôle
  • Solidité
  • Temps de vol
  • Camera
  • Design
  • Prix
4.6

Un bon drone haut de gamme mais il y aurais mieux ailleurs...

Malgré toutes ses fonctionnalités, même s’il reste un bon compromis à prix abordable, il est plutôt destiné aux amateurs qu’aux professionnels et honnêtement, vu les prix sur le marché de l’occasion, on pourra lui préférer un Phantom 3 Advanced ou Pro qui offriront de meilleures qualités d’images et de vidéo, mais sans la radiocommande avec écran intégré !

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